• Savoirs et développement rural

    Les « émeutes de la faim » de 2008, notamment en Afrique et partout dans les pays du Sud, ont été provoquées par le renchérissement brutal des denrées alimentaires sur le marché international du fait de mauvaises récoltes en Asie, principal pourvoyeur de riz. Mais les effets de l’augmentation du prix des denrées ont été accentués par la fragilité des systèmes agricoles et la précarité des ressources des populations rurales africaines. Le fort retentissement de ces événements a fait surgir une réflexion sur l’impact de l’aide internationale pour le développement agricole et rural, notamment en Afrique, et le rôle que devrait y jouer la recherche agricole au sens large. Cette remise en cause du système de l’aide internationale a été stimulée par la crise économique du Nord. Elle souligne en effet les limites économiques, écologiques et sociales de notre mode de développement et des politiques agricoles appliquées depuis une vingtaine d’années, politiques qui ont aggravé l’écart entre riches et pauvres, entre Nord et Sud. Les programmes d’ajustement structurel appliqués de façon uniforme et brutale par la Banque mondiale (BM) et le Fond monétaire international (FMI) dans les années 1980 ont accru l’isolement de l’Afrique rurale en supprimant le tissu des systèmes de vulgarisation et le soutien des prix agricoles par les États après les indépendances. Dans son rapport annuel sur le développement du monde en 2008 — le premier rapport de ce type que la BM ait consacré à l’agriculture depuis plus de trente ans —, la Banque confessait elle-même sa responsabilité dans la situation indigente de l’agriculture vivrière en Afrique

    (Banque mondiale, 2008).

  • Production d’insectes à des fins économiques ou alimentaires: Mini élevage et BEDIM

    Une zootechnie entomologique s’organise peu à peu, comme c’est déjà le cas pour la zootechnie du cobaye de boucherie, de la grenouille et de divers autres petits animaux. Dans de nombreux pays tropicaux en effet, des insectes sont consommés par les populations locales ou sont utilisés pour d’autres usages. Ces insectes sont cependant capturés sans contrôle dans la nature. Les « vers de palmier », diverses chenilles, des termites et bien d’autres insectes sont des aliments de choix pour l’homme dans plusieurs pays, tandis que les asticots sont parfois donnés à de la volaille ou à des porcs en élevage villageois. En pays industrialisés, une utilisation non alimentaire de certaines larves carnivores de diptères reprend de l’importance en chirurgie réparatrice pour la capacité que ces asticots possèdent de nettoyer à fond des plaies anfractueuses rebelles aux traitements classiques. Il ne faut pas oublier non plus l’emploi d’insectes colorés (papillons, scarabées, etc.) en artisanat destiné aux touristes (tableaux en ailes de lépidoptères, presse-papiers ou porte-clés en inclusions transparentes plastiques, etc.). Le commerce international de chrysalides vivantes pour des « fermes à papillons » ou de lépidoptères adultes montés constitue également un débouché appréciable. Développer un élevage rationnel et durable d’insectes pour remplacer des captures sauvages en maintenant la biodiversité dans les pays tropicaux constitue un des objectifs de l’association internationale B.E.D.I.M. basée à Gembloux

  • Les métiers de l’agroalimentaire

    L faires et au premier rang des secteurs exportateurs. Elle est constituée de quelques grands ’industrie agroalimentaire est le premier secteur industriel français en terme de chiffre d’afgroupes et d’une myriade de PME. Premier secteur industriel en terme d’effectif salarié, elle est aussi le seul secteur industriel où l’emploi salarié continue de progresser.

    Cette industrie a fortement évolué au cours des dix dernières années. Le cadre réglementaire et législatif est devenu de plus en plus complexe. Les lois sur la sécurité alimentaire et sur l’environnement ont contraint les industriels à innover face à une demande sociétale de plus en plus importante.

    En amont, les liens avec le monde agricole sont orchestrés par la PAC (Politique agricole commune). Au niveau international, les relations commerciales régies par l’OMC engendrent un nouveau contexte concurrentiel. Par ailleurs, le poids exercé par la grande distribution sur le marché des produits alimentaires a obligé les industries concernées à innover dans le domaine du marketing et à consacrer une part croissante de leurs investissements à la publicité, afin d’imposer des marques fortes auprès de leurs clients.

    L’ensemble de ces facteurs a entraîné de nouvelles relations commerciales et des transformations des modes de production. Tous les cadres ont dû acquérir de nouvelles manières de travailler et apprendre à respecter les nouvelles relations contractuelles de l’entreprise. Dans le même temps, les métiers des cadres ont évolué vers une technicité accrue du fait de l’évolution des systèmes de production qui répondent de plus en plus à des impératifs de gains de productivité dans un environnement extrêmement concurrentiel. Dans ce contexte, les besoins en cadres des entreprises de l’industrie agroalimentaire ont fortement crû au cours des dix dernières années.

    Ce référentiel des métiers cadres de l’agroalimentaire propose une série de 18 fiches métiers qui permettront aux jeunes diplômés, aux cadres et aux acteurs des ressources humaines de se repérer dans un secteur en mutation.

  • Les insectes comestibles en Afrique

    Les insectes comestibles en Afrique

    La crise de la viande nous incite à rechercher une alternative aux sources de protéines actuelles. Depuis 1970, la consommation de viande a presque triplé et elle devrait encore doubler d’ici 2050. Mais les ressources en terres agricoles seront bientôt épuisées, puisque 70% d’entre elles sont déjà réservées au bétail. De plus, la production industrielle de bétail pèse lourd sur l’environnement. Elle est à l’origine d’au moins 15 pour cent des gaz à effet de serre, qui entraînent un réchauffement climatique mondial. Par conséquent, il est indispensable de remettre en question nos régimes et nos habitudes alimentaires et en particulier notre consommation de viande.

    Les pays occidentaux commencent seulement à se rendre compte que des millions de personnes vivant dans les pays tropicaux ont une excellente solution de remplacement : les insectes comestibles. On constate actuellement en Occident un grand désir de découvrir les méthodes utilisées par les pays tropicaux pour préparer cette excellente ressource alimentaire. Cela fait des siècles que des populations collectent les presque 2000 espèces d’insectes propres à la consommation humaine. Et non pas parce que c’est une nourriture de pauvre – une idée fausse des pays occidentaux – mais parce que c’est délicieux. La valeur nutritive des insectes n’a rien à envier à celle de la viande classique. Les insectes contiennent souvent de grandes quantités de fer. Cet avantage revêt une importance particulière, compte tenu du milliard de personnes, dont des enfants et des femmes enceintes, qui souffrent d’anémie.

    Dans les tropiques, les insectes se récoltent principalement dans la nature. Ce manuel en donne quelques exemples, dont le très populaire vers (chenille) mopane d’Afrique australe, le charançon du palmier et les termites, considérés comme des mets de choix dans tous les continents tropicaux. Vous trouverez aussi dans ce manuel des méthodes de collecte, de conservation et de préparation. Mais si l’on souhaite vraiment favoriser la consommation d’insectes, la récolte dans la nature ne suffira pas.

  • Les fruitiers forestiers comestibles du Cameroun

    L’Institut international des ressources phytogénétiques (IPGRI) est un organisme scientifique indépendant à caractère international visant à promouvoir la conservation et le déploiement en champ et dans les forêts des ressources phytogénétiques au profit des générations actuelles et futures. Il est un des 15 centres Future Harvest fonctionnant sous l’égide du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), une association de membres des domaines privés et publics qui soutiennent les efforts pour utiliser la science de pointe pour réduire la faim et la pauvreté, améliorer l’alimentation et la santé, et pour protéger l’environnement. L’IPGRI a son siège social à Maccarese, près de Rome, en Italie, et possède des bureaux régionaux dans plus de 20 pays à travers le monde. Il fonctionne sur la base de quatre programmes : (1) Diversity of Livelihoods (la diversité pour le bien de tous) (2) Understanding and Managing Biodiversity (Mieux connaître et gérer la biodiversité (3) Global Partnerships (Partenariats internationaux) et (4) Commodities for Livelihoods (Les denrées de bases au service des gens)

    Le statut international a été conféré à l’IPGRI au titre d’un accord d’établissement qui, en janvier 2006, avait été signé par les gouvernements des pays suivants: Algérie, Australie, Belgique, Bénin, Bolivie, Brésil, Burkina Faso, Cameroun, Chili, Chine, Congo, Costa Rica, Côte d’Ivoire, Chypre, Danemark, Egypte, Equateur, Grèce, Guinée, Hongrie, Inde, Indonésie, Iran, Israël, Italie, Jordanie, Kenya, Malaisie, Mali, Maroc, Mauritanie, Norvège, Ouganda, Pakistan, Panama, Pérou, Pologne, Portugal, République Tchèque, République Slovaque, Roumanie, Russie, Sénégal, Soudan, Suisse, Syrie, Tunisie, Turquie, et Ukraine.

    Pour mener à bien son programme de recherche, l’IPGRI reçoit une aide financière de plus de 150 donateurs, incluant des gouvernements, des fondations privées et des organismes internationaux. Pour plus de renseignements sur les donateurs et les activités de recherche, consultez les rapports annuels de l’IPGRI. Des copies imprimées sont disponibles sur demande à ipgri-publications@cgiar.org ou à partir du site web de l’IPGRI (www.ipgri.cgiar.org).

    Les désignations géographiques utilisées dans cette publication ainsi que la présentation de matériel ne sont en aucun cas le signe d’une opinion, quelle qu’elle soit, exprimée par l’IPGRI ou le GCRAI quant au statut légal d’un pays, d’un territoire, d’une ville ou une zone ou l’autorité qui les dirige, ou sur la délimitation de ses frontières géographiques ou administratives. De même, les opinions exprimées sont celles des auteurs et ne reflètent pas nécessairement celles de ces organisations.

    La mention d’une marque déposée ne constitue pas le cautionnement du produit et n’est faite qu’à titre d’information.

  • Le stockage des produits agricoles

    Ce manuel de la série des Agrodok est une révision approfondie de l’édition de Jelle Hayma de 1995. Les pertes après récolte étant malheureusement toujours un problème important pour les agriculteurs à petite échelle sous les tropiques, une mise à jour s’imposait. L’objectif premier de cette révision était d’accorder moins de place aux équipements techniques de stockage des produits agricoles. Nous voulions plutôt mettre l’accent sur des informations générales répondant aux questions suivantes : de quelle façon les produits se détériorent-ils et pourquoi ? Comment peut-on retarder ou réduire ce phénomène ? Ce manuel ne se limite pas au stockage des aliments de base (céréales et légumes secs, racines et tubercules) puisque tout un chapitre est consacré aux fruits et légumes. Ces produits ne sont pas seulement importants pour le régime alimentaire de la famille de l’agriculteur, ils représentent également un revenu potentiel s’il vend des exemplaires de qualité sur le marché. Pendant la préparation de ce manuel, plusieurs personnes nous ont envoyé des commentaires et des suggestions d’amélioration de ce manuel. Nous tenons à remercier particulièrement Peter Fellows pour sa contribution qui nous a été précieuse. Il participait conjointement à la rédaction d’Agrodok 50 : Le conditionnement des produits agricoles. Les auteurs, Wageningen, 2011

  • Le séchage des mangues

    Le manguier appartient à la famille des Anacardiacées, du genre Mangifera L., regroupant 60 arborescences. L’une d’elle, Mangifera indica, comprendrait 1 000 variétés, et plus de 70 cultivars (greffage) présents sur divers continents.

    C’est l’un des arbres fruitiers les plus cultivés au Burkina Faso. Il s’étend sur une superficie de près de 6 800 hectares sur les 12 000 hectares de verger que compte le pays. Avec un rendement moyen de 7 à 8 t/ha, la production nationale est de 47 600 à 54 400 tonnes.

    Il pousse sur des sols sablo-limoneux, bien drainés et ayant un PH compris entre 5,5 et 6,5 ; le manguier préfère les sols profonds, assez légers ou de structure moyenne pour assurer une pénétration satisfaisante des racines, une bonne aération et un bon drainage.

    La multiplication des manguiers s’effectue essentiellement par greffage, ce qui permet la conservation des caractères variétaux.

    Pour la plantation, il est préconisé un espacement au carré de 10 m × 10 m en moyenne, soit une densité de 100 pieds par hectare. Selon les conditions pédoclimatiques, les espacements 8 m × 8 m ou 12 m × 12 m peuvent être réalisés.

  • La culture des tomates

    Avant-propos

    La tomate est une des cultures les plus répandues à travers le monde. C’est une source importante de vitamines ainsi qu’une culture de rente importante pour les petits exploitants et pour les agriculteurs/trices commerciaux qui ont une exploitation moyenne. Cet Agrodok est axé sur les bonnes pratiques qui permettent de faire pousser une culture saine ainsi que d’obtenir un rendement suffisamment constant. Il offre des informations pratiques sur la culture, la récolte, le stockage, la transformation et la commercialisation à petite échelle des tomates. La sélection et la conservation des graines, les méthodes de lutte intégrée et la tenue des registres sont également passées en revue. Nous espérons que ces informations seront utiles aux cultivateurs de légumes, qu’ils soient débutants ou expérimentés, aux vulgarisateurs ainsi qu’à ceux qui enseignent l’agriculture.

    Dans cette nouvelle édition, les parties couvrant le piment et le poivron qui figuraient dans l’édition précédente ont été supprimées afin d’accorder tout l’espace nécessaire aux différents aspects de la culture de la tomate mentionnés ci-dessus. Pour l’élaboration de cette publication, Agromisa a collaboré avec PROTA. Pour plus d’informations sur PROTA, voir le paragraphe qui concerne cette organisation figurant à la fin du présent livret.

    Nous souhaitons remercier Jan Siemonsma et Chris Bosch de PROTA, Remi Nono- Womdim, Gerard Grubben, Rene Geelhoed, Bianca van Haperen et Guus van den Berg pour les observations qu’ils ont faites sur le manuscrit. Nous invitons le lecteur à nous envoyer ses remarques et ses suggestions pour améliorer le contenu de cet Agrodok. Les auteurs.

    Wageningen, septembre 2005